Le lait des « Mille vaches » retiré des yaourts + une pétition électronique

La pétition : http://www.ciwf.fr/actualites/2015/04/1000-non-aux-1000-vaches/

Le lait des « Mille vaches » retiré des yaourts

Marie-Josée Cougard / Journaliste |

La coopérative Agrial, qui collecte le lait de la ferme des mille vaches, a décidé de ne plus fabriquer de yaourts à partir de cette production. Suite aux pressions de la distribution.

L’élevage dit des « Mille vaches » revient sous le feu des projecteurs. Cette fois, c’est son client, la coopérative Agrial connue pour ses marques Danao, Florette ou Loïc Raison, qui est à l’origine de nouvelles émotions pour cet élevage unique en France par sa taille. Celle-ci a décidé, a-t-on appris de plusieurs sources, de ne plus fabriquer de yaourts, crèmes et autres fromages blancs sous marques de distributeurs (MDD), à partir du lait qu’elle collecte auprès de l’élevage situé à Drucat dans la Somme. Cette mesure a été prise suite aux pressions exercées par les enseignes de la distribution. Désormais Agrial revend directement le lait des Mille vaches à un autre transformateur. Selon nos informations, et suite aux nombreuses manifestations organisées en 2014 à l’initiative de la Confédération Paysanne contre la création de l’élevage de Drucat, plusieurs enseignes ont demandé aux industriels laitiers de certifier par écrit qu’ils ne s’approvisionnent pas auprès de cet élevage. Celles-ci redoutent par dessus tout les actions paysannes dans leurs magasins.

Des vaches sous surveillance

Interrogé par « Les Echos », Lactalis, premier collecteur de lait en France, producteur de produits laitiers sous marques nationales mais également sous marques de distributeur (MDD), a déclaré avoir répondu aux enseignes, qui l’avaient sollicité, « que le groupe ne travaille pas avec l’élevage des Mille vaches ». De son côté, le Centre national de l’interprofession laitière (CNIEL) a indique qu’ « il étudie la réponse à apporter » à une telle démarche dans un contexte rendu délicat par l’abondance de commentaires faits sur cet élevage exceptionnel. Elle souligne néanmoins que le lait qui y est produit est « sain, loyal et marchand ». L’Association de la transformation laitière (ATLA), elle, fait valoir que « dans ce type d’élevage, la surveillance sanitaire des vaches est particulièrement étroite et sûre  » et qu’il n’y a aucune raison de mettre en doute la qualité de la production. Elle doute que les enseignes françaises posent de telles questions aux entreprises laitières allemandes auprès desquelles elles importent de grandes quantités de lait, alors qu’outre-Rhin, les fermes géantes sont nombreuses. Quant aux coopératives laitières, elles déplorent que « la Confédération paysanne par ses attaques répétées jette l’opprobre sur toute la filière sans aucune raison ».

Discrétion des enseignes

Aucune enseignes sollicitées par « Les Echos » n’a confirmé avoir demandé aux entreprises laitières de certifier ne pas s’approvisionner auprès de l’élevage des « Mille vaches ». La FCD (Fédération du commerce et de la distribution) a nié être au courant. Auchan et Leclerc ont démenti toute démarche dans ce sens. Certaines ont reconnu « tout faire pour éviter de mettre le feu aux campagnes  ». La Confédération paysanne, quant à elle, a stigmatisé l’élevage de Drucat, qui a fait une demande d’agrandissement à la préfecture pour passer de 500 à 880 animaux, comme cela était initialement prévu. « Personne ne veut de ce projet », a commenté le syndicat, qui a demandé que « les citoyens soient consultés » avant que le préfet ne délivre son feu vert.

Marie-Josée Cougard